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DOSSIER : Quid du débutant sur les e-liquides aux sels de nicotine.

DOSSIER : Quid du débutant sur les e-liquides aux sels de nicotine.

Nicotine liquide ou sels de nicotine… Pas évident de s’y retrouver dans ces différents produits aux spécificités particulières. Afin d’éclairer les nouveaux arrivants, primovapoteurs et futurs ex-fumeurs, nous vous proposons un dossier complet sur les e-liquides aux sels de nicotine qui vient en complément de notre dossier spécial qui traite de la chimie de ses produits.


UN SEL, QU’EST-CE QUE C’EST ?


L’UICPA (Union Internationale de Chimie Pure et Appliquée) définit un sel comme ceci : “A chemical compound consisting of an assembly of cations and anions”. En français, un sel est un composé ionique structuré de cations et d’anions formant un produit neutre et sans charge nette. Un sel est un empilement d’ions, stable dans le temps et même quasi éternel, si bien sûr on ne le soumet pas à de trop fortes températures ou si on ne le dissout pas dans l’eau ou d’autres substances avec lesquelles il peut interagir et se transformer.


MAIS QUEL INTÉRÊT ?


L’intérêt de cet état solide de la nicotine, c’est qu’il n’est pas soumis à l’oxydation comme peut l’être la nicotine base liquide. L’oxydation est une réaction chimique qui, avec le temps, altère ses propriétés, en diminue l’efficacité et lui donne une couleur brune. L’autre intérêt du sel de nicotine est son PH*, entre 5 à 6 selon les provenances, qui sera bien mieux toléré par le larynx au cours de l’inhalation. Le hit d’un jus aux sels de nicotine, même à 20mg/ml, sera très faible et ne provoquera pas cette contraction qui fait tousser plus d’un primovapoteur.


D’OÙ ÇA VIENT ?


Aux USA, dès le départ du phénomène moderne de la vape (2012/13), les médecins et chercheurs ont compris le potentiel de cet outil pour aider les fumeurs à cesser le tabagisme ou, pour le moins, à fortement le diminuer. Aux plus gros fumeurs, ils pouvaient prescrire légalement des jus allant à 59mg/ml (parfois plus), afin de compenser l’addiction nicotinique de leurs patients. Hélas, bien souvent, une telle concentration rendait la vape difficile, voire impossible et il fallut bien trouver une alternative crédible et plus souple. Il est donc tout à fait normal que ce soit des USA que nous vienne cette autre forme de nicotine dont l’implantation en Europe en général et en France en particulier connaît une ascension fulgurante depuis plus d’un an.


QUELQUES INCONVÉNIENTS…


Seulement voilà, s’il y a des avantages, il y a aussi des inconvénients, forcément. Nous l’avons vu, avec un jus boosté aux sels de nicotine, pas de hit, pas de quinte de toux et on peut désormais vaper à de forts taux, dans les limites de la légalité … Oui, mais pas n’importe comment et surtout pas avec n’importe quel atomiseur ni à n’importe quelle puissance. Je passerai sous silence le processus de fabrication qui souvent met en œuvre de l’acide benzoïque dont
l’innocuité est pour l’instant sujette à caution ou, du moins, à éclaircissements pour vous avertir d’un phénomène qui peut lui, avoir de fâcheuses conséquences. Il s’agit de l’effet shoot (montée fulgurante au cerveau), terme anglais venant directement de l’univers de la drogue. Un rappel des effets et autres propriétés de la nicotine vous permettra de mieux accepter les recommandations qui vont suivre.

On sait depuis longtemps que cet alcaloïde présent, en particulier mais pas uniquement, dans les feuilles de tabac, est un puissant psychostimulant similaire à la caféine. Sa manipulation reste toutefois dangereuse ainsi que son ingestion. La dose létale pour un adulte se situe entre 500 à 1000mg, comme l’a précisé Bernd Mayer, toxicologue autrichien, dans une étude publiée en 2014 (1) . Pour ce qui est de tels dosages, nous en sommes bien loin. On sait aussi que les vaporisateurs personnels de 3ème génération délivrent plus efficacement la nicotine que ceux de 2ème génération, gardez cela en mémoire. Bien que la concentration maximale atteinte soit plus faible qu’avec les cigarettes, le vapoteur absorbe la presque totalité de la nicotine et du PG/VG qu’il inhale (2) . Compte-tenu de la dose absorbée (1,2 mg en moyenne), similaire à celle obtenue avec des cigarettes, cela nous suggère qu’une partie de la nicotine n’est pas absorbée au niveau des poumons, mais ailleurs (dans la bouche et un peu dans le système digestif par l’intermédiaire de la salive) (3) . Outre la moindre quantité absorbée en vapant, la nicotine et ses effets « montent » moins rapidement au cerveau, il faudra donc un certain nombre de bouffées au cours des 5 à 10 premières minutes pour obtenir l’effet de satiété que le vapoteur recherche.

Dernière chose, en cas d’absorption de trop de nicotine, les premiers symptômes sont une élévation du rythme cardiaque et des maux de tête, puis peuvent survenir nausées vertiges et vomissements dans les cas plus extrêmes. La durée (demi-vie) de présence dans le cerveau étant de 10 mn, si l’on arrête d’en consommer, les inconvénients s’estompent rapidement.


L’EFFET SHOOT, COMMENT SURVIENT-IL ?


Lorsqu’on n’est pas habitué à inhaler une dose du type 20mg/ml et, même si les effets ne « montent » pas immédiatement au cerveau (du moins pas en totalité), les effets physiologiques au bout de quelques bouffées sont déjà présents. Avec les sels de nicotine, la barrière du hit n’existant plus, les effets (vertiges passagers, tête qui tourne) se situent donc directement au cerveau, avec pour conséquences, quelques minutes plus tard, les désagréments cités plus haut. Dans ces conditions, la vape devenant désagréable, le sevrage tabagique peut rapidement tourner court.


ALORS, ON FAIT COMMENT ?


Pour éviter de ressentir ces effets secondaires, la solution va venir du matériel employé, de la puissance mise en œuvre et de la façon particulière de vaper ces liquides. De nombreuses publications en parlant déjà, je vais simplement corroborer leurs conclusions. Plaçons-nous dans le cadre d’une personne qui décide de s’arrêter de fumer en passant par la vape, elle veut un sevrage en douceur et conserver certaines des sensations de la cigarette, à savoir : le goût d’un tabac blond, le tirage serré, les effets stimulants immédiats de la nicotine. Tout ce que la vape peut aujourd’hui lui offrir sans problème. Elle fume deux paquets/jour, l’option sels de nicotine, pour elle, va s’avérer la meilleure.
Un fort dosage en nicotine (entre 16 et 20mg/ml, maximum légal autorisé en France) convient particulièrement aux personnes ayant coutume d’en absorber quotidiennement une forte quantité en fumant. Nous avons vu que les hauts dosages en nicotine base (liquide) présentent de réels obstacles au plaisir de vaper en douceur. Aussi, les sels de nicotine permettant d’absorber de fortes quantité de nicotine sans ce désagrément, semblent particulièrement adaptés, à condition toutefois que l’équipement soit calibré pour ces liquides. Il va donc falloir accommoder son matériel à cette vape.


AVEC QUEL MATÉRIEL ?


Nous choisirons donc un atomiseur (clearomiseur ou reconstructible) MTL (mouth to lung), délivrant une vape serrée particulièrement adaptée aux critères du sevrage en douceur et aux caractéristiques des e-liquides aux sels de nicotine. De plus, un tel tirage rappellera plus facilement celui d’une cigarette. Le compromis parfait pour un primovapoteur en quête de sevrage. Ces atomiseurs sont étudiés pour vaper avec des résistances autour d’1Ω, voir au -dessus car les valeurs habituellement recommandées oscillent entre 1,2 et 2,5Ω. En conséquence, sur des résistances aussi élevées, la puissance nécessaire pour obtenir une vape appropriée oscillera donc entre 5 et 14W. Oubliez
donc la fameuse box à 200W qui vous fait tant envie, quelque chose de plus raisonnable et moins dispendieux suffira largement.

A ces valeurs, la chauffe sera modérée, les sels de nicotine seront absorbés de façon optimale, sans excès et le plaisir sera garanti. Il existe d’autres alternatives d’appareils particulièrement adaptés aux sels de nicotine, ce sont les podmods qui ont des caractéristiques techniques pouvant prévaloir à la fois aux désirs des primovapoteurs et aux contraintes spécifiques de ces liquides. Techniquement, cette vape MTL est aussi moins consommatrice en liquide et plus efficace dans la délivrance de la nicotine.


QUELQUES RECOMMANDATIONS


Éviter le matériel sub-ohm, les hautes puissances et la vape directe (DL) pour vaper les sels de nicotine, nous n’avons pas assez d’éléments scientifiques pour l’instant pour savoir si les températures élevées n’altèrent pas les sels de nicotine (4) . Résistance comprise entre 1.5 et 2Ω et puissance n’excédant pas 13W (4) . En reconstructible, préférer des spires espacées aux microcoils pour éviter les micros dry-hits difficilement perceptibles et donc des éventuels points chauds susceptibles d’augmenter la température (4) . Choisissez un atomiseur avec un espace entre la cloche et les parois du réservoir assez conséquent, améliorant ainsi la capillarité et la circulation du liquide (4) . 

Un matériel régulé avec contrôle de température sera donc le bienvenu afin d’éviter de dégrader rapidement la nicotine, une info utile pour les téméraires qui voudraient commencer directement avec du matériel reconstructible, ou offrant des possibilités de vape plus aérienne. Tout comme il existe une infinité de sensibilités personnelles, il existe une immense variété de possibilités techniques et gustatives pour réussir à se sortir du tabagisme par la vape, les sels de nicotine vont assurément contribuer à améliorer encore l’efficacité certaine de ce moyen de sevrage.

* Le pH se mesure sur une échelle (graduée de 1 en 1) qui va, par convention, de 0 à 14.
0 est la plus forte acidité : concentration très élevée en acides (et très faible en bases)
14 est la plus forte basicité ou alcalinité : concentration très faible en acides (et très élevée en bases).
7 la neutralité (concentration équivalente en acides et en bases).

Source : https://www.thierrysouccar.com/sante/info/quest-ce-que-le-ph-499 )
1) source : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/e-cigarette-combien-de-nicotine-faut-il-pour-tuer-un-homme_18923
2) source : http://jlhamzer.over-blog.com/ (Le vapeur absorbe la presque totalité de la nicotine et du PG/VG qu’il inhale / 8 Octobre 2015)
3) source : http://jlhamzer.over-blog.com/ (Vaporisateur personnel : deuxième versus troisième génération / 2 Novembre 2016)
4) source : http://www.journalduvapoteur.com/2017/12/les-sels-de-nicotine-c-est-quoi.html par Mickaël Hammoudi.
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A propos de l'auteur

Antoine, le demi-siècle passé, a mis un terme à 35 ans de tabagie du jour au lendemain grâce à la vape, en rigolant et durablement.

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