Un marché qui tourne en dehors de toute autorisation officielle
Une analyse publiée le 13 août 2026 par *Medical Daily* s’appuyant sur des données de marché américaines livre un constat saisissant : près de 70 % des revenus générés par la vente de cigarettes électroniques aux États-Unis proviennent de produits que la Food and Drug Administration (FDA) n’a jamais formellement autorisés à la commercialisation. Autrement dit, la quasi-totalité de l’argent dépensé par les consommateurs américains dans les vape shops alimente un marché qui opère en dehors du cadre légal voulu par le régulateur fédéral.
Zéro arôme fruité autorisé sur le marché
L’étude va plus loin sur la question des arômes, au cœur des débats réglementaires depuis plusieurs années : aucun e-liquide aromatisé aux fruits vendu aux États-Unis ne bénéficierait d’une autorisation de mise sur le marché (PMTA approuvée) de la FDA. Ce chiffre illustre le fossé béant entre la réalité commerciale — où les arômes fruités représentent une part massive des ventes — et les décisions du régulateur, qui a jusqu’ici accordé l’essentiel de ses autorisations à des produits au tabac ou au menthol.
Cette situation n’est pas nouvelle dans son principe : la FDA est régulièrement critiquée pour la lenteur et l’opacité de son processus d’examen des dossiers PMTA (Premarket Tobacco Product Application). Mais la mise en chiffres de l’ampleur du phénomène donne une dimension inédite au problème.
La FDA sous pression de toutes parts
Ce rapport intervient dans un contexte de turbulences profondes pour l’agence fédérale. Plusieurs groupes de santé publique ont récemment engagé des poursuites judiciaires contre la FDA pour son incapacité à faire respecter ses propres règles d’autorisation. Des élus républicains, à l’inverse, dénoncent une agence trop interventionniste qui prive les adultes fumeurs d’alternatives moins nocives.
La réalité du terrain est que des milliers de références — notamment des pods et des puffs importés d’Asie — continuent d’être vendus librement dans les commerces américains sans que la FDA ne dispose des moyens ou de la volonté politique suffisants pour les retirer du marché. Les autorités douanières et les États fédérés tentent de combler ce vide par des législations locales, avec des résultats très variables.
Un argument à double tranchant dans le débat sur les arômes
Pour les défenseurs de la réduction des risques, ces chiffres illustrent avant tout l’échec du système d’autorisation à s’adapter à la réalité d’un marché en mouvement rapide. Interdire les arômes sans offrir de voie légale praticable aux fabricants revient, selon eux, à pousser les consommateurs vers des produits encore moins contrôlés.
Pour les partisans d’une réglementation stricte, ces mêmes données confirment l’urgence d’un enforcement renforcé : si 70 % du marché échappe à tout contrôle, c’est la preuve que les mécanismes actuels sont insuffisants et qu’il faut des sanctions dissuasives.
Ce que cela signifie pour le débat mondial
Les États-Unis restent le plus grand marché de la vape au monde et un laboratoire réglementaire observé de près par l’Union européenne, le Royaume-Uni et les pays francophones. La révision de la directive TPD est attendue dans les prochaines années ; les données américaines sur l’inefficacité du contrôle des autorisations alimenteront inévitablement les discussions à Bruxelles sur la faisabilité d’un système similaire en Europe.
En France, où la taxe sur la vape pourrait revenir à l’agenda parlementaire à l’automne 2026, la question de la traçabilité et du contrôle des produits en circulation reste entière — et les chiffres américains constituent un avertissement sur les limites des approches purement administratives.




