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États-Unis : la vape et les sachets nicotinés toujours très présents chez les jeunes, les chiffres 2025 interpellent

États-Unis : la vape et les sachets nicotinés toujours très présents chez les jeunes, les chiffres 2025 interpellent

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Des chiffres qui relancent le débat sur la protection des mineurs

Publiées le 5 octobre 2026 par le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et relayées par le réseau d’alerte CIDRAP, les nouvelles données de surveillance 2025 confirment que la cigarette électronique et les sachets de nicotine (nicotine pouches) demeurent les produits nicotinés les plus consommés par les jeunes aux États-Unis. Si les tendances globales montrent un léger recul par rapport aux pics enregistrés entre 2019 et 2021, les niveaux restent préoccupants aux yeux des autorités sanitaires, qui soulignent la persistance d’un usage régulier chez une fraction significative des lycéens et collégiens.

Selon les données compilées par le CDC, les e-cigarettes conservent leur statut de produit nicotiné numéro un chez les adolescents américains, devant les cigarettes combustibles — dont l’usage continue de reculer. Les sachets de nicotine, eux, progressent en popularité, notamment chez les garçons du secondaire, un phénomène que les chercheurs attribuent en partie à leur discrétion et à leur accessibilité perçue.

Un marché illicite qui alimente l’usage juvénile

Les autorités pointent un facteur aggravant bien documenté : la prolifération de produits non autorisés, notamment des e-cigarettes aromatisées d’origine étrangère qui contournent les procédures d’autorisation de la FDA. Ces produits, souvent conditionnés de façon attrayante et vendus à bas prix, se retrouvent facilement entre les mains de mineurs via des circuits informels — dépanneurs, ventes entre pairs, plateformes en ligne. Le Washington Examiner relevait d’ailleurs début octobre 2026 l’ampleur du marché illicite chinois, estimé à 11 milliards de dollars, que la nouvelle administration FDA entend désormais cibler prioritairement.

Cette réalité complique la lecture des statistiques : une partie de l’usage juvénile échappe aux régulations déjà en place, rendant les mesures de contrôle classiques insuffisantes sans une action coordonnée sur la chaîne d’approvisionnement illégale.

Des États qui légifèrent en ordre dispersé

Face à ces données, plusieurs États américains ont renforcé leur arsenal réglementaire ces dernières semaines. La Pennsylvanie a instauré un registre obligatoire pour les revendeurs de vape, la Californie a interdit les vapes jetables à batterie, et l’Alabama a étendu son interdiction de fumer en intérieur à la cigarette électronique tout en taxant les e-liquides au millilitre. Ces initiatives étatiques, aussi volontaristes soient-elles, peinent à constituer un front unifié face à un marché qui ignore les frontières administratives.

Les groupes de santé publique, dont plusieurs ONG anti-tabac actives au niveau fédéral, réclament une réponse nationale cohérente : standards d’emballage uniformes, restrictions strictes sur les arômes ciblant les jeunes, et renforcement des contrôles douaniers sur les importations non conformes.

La FDA à la croisée des chemins

Le contexte institutionnel est lui aussi en pleine mutation. La FDA traverse une période de réorganisation interne, et des sources proches de l’agence citées par Reuters fin septembre 2026 évoquaient la mise en place d’une procédure accélérée pour statuer sur les demandes d’autorisation de mise sur le marché (PMTA) des e-cigarettes et des sachets nicotinés. Une accélération qui suscite des réactions contrastées : les industriels y voient une clarification bienvenue, tandis que les associations de prévention craignent un assouplissement des critères de protection des mineurs.

Les nouvelles données 2025 du CDC arrivent donc à un moment charnière, susceptibles de peser sur les arbitrages réglementaires à venir. Elles rappellent que la question de l’accès des jeunes aux produits nicotinés reste, des deux côtés de l’Atlantique, l’un des principaux arguments mobilisés pour justifier des restrictions plus sévères sur l’ensemble du secteur.

Ce que cela signifie pour le secteur

Pour les acteurs de la vape, ces publications institutionnelles constituent un signal d’alerte autant qu’un rappel de responsabilité. La capacité du secteur à démontrer qu’il peut coexister avec une protection efficace des mineurs — via des contrôles d’âge rigoureux, des emballages sobres et une traçabilité des produits — conditionnera en grande partie la marge de manœuvre réglementaire dont il disposera dans les années à venir, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe.

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A propos de l'auteur

Rédactrice et correspondante Suisse. Vapoteuse depuis de nombreuses années, je m'occupe principalement de l'actualité suisse.