Une annonce officielle datée du 2 octobre 2026
Le gouvernement des Pays-Bas a officiellement annoncé, le 2 octobre 2026, son intention d’instaurer une taxe nationale sur les produits de vapotage. Le dépôt du projet de loi est prévu pour début 2027, avec une entrée en vigueur fixée au 1er janvier 2029. Cette annonce s’inscrit dans une tendance de fond observée à l’échelle européenne, où plusieurs États membres cherchent à encadrer fiscalement un marché de la vape en pleine expansion.
Un calendrier législatif en trois temps
Le gouvernement néerlandais a opté pour un calendrier progressif, laissant aux acteurs de la filière le temps de s’adapter. La phase de consultation et de rédaction législative devrait s’étaler sur toute l’année 2027, avant un vote parlementaire attendu en 2028. L’application effective de la taxe ne surviendrait donc qu’en 2029, soit près de trois ans après l’annonce initiale. Ce délai contraste avec la rapidité d’exécution observée au Royaume-Uni, où la taxe de 2,20 £ par 10 ml d’e-liquide est entrée en vigueur dès le 1er octobre 2026 après plusieurs mois de préparation.
Les modalités précises de la taxe néerlandaise — taux, assiette, distinction entre e-liquides nicotinés et sans nicotine — n’ont pas encore été rendues publiques à ce stade. Le gouvernement a simplement indiqué que le dispositif viserait à réduire l’attractivité du vapotage, notamment auprès des jeunes, tout en préservant un différentiel de prix favorable par rapport à la cigarette combustible.
Un contexte européen sous pression fiscale
Les Pays-Bas rejoignent ainsi un nombre croissant d’États européens qui ont soit déjà instauré une taxe sur les e-liquides, soit engagé une réflexion en ce sens. L’Union européenne elle-même travaille à une révision de sa directive tabac (TPD) qui pourrait inclure un cadre fiscal harmonisé pour les produits de vapotage. En parallèle, la Commission européenne a confirmé travailler sur une réforme législative attendue avant la fin de l’année 2026.
En Allemagne, Berlin prépare également un nouveau relèvement fiscal sur les e-liquides, tandis que les douanes de Hambourg ont saisi quelque 150 000 vapes illicites en septembre 2026 — signe que la pression réglementaire s’accompagne d’une intensification des contrôles douaniers.
Quelles implications pour le marché néerlandais ?
Les Pays-Bas comptent une communauté de vapoteurs estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes, et un réseau de boutiques spécialisées bien implanté. L’annonce d’une future taxe pourrait déjà modifier les comportements d’achat à court terme, certains consommateurs anticipant une hausse des prix en se constituant des stocks. Les professionnels du secteur, eux, redoutent un effet de bord classique : la montée en puissance du marché gris et des produits illicites importés, phénomène déjà documenté dans d’autres pays ayant instauré des accises sur la vape.
La filière néerlandaise devrait se mobiliser dans les prochains mois pour peser sur la rédaction du projet de loi, notamment sur le taux retenu et les éventuelles exemptions pour les produits de réduction des risques utilisés dans le cadre du sevrage tabagique.
Un signal politique fort, même à horizon lointain
Malgré l’échéance éloignée de 2029, cette annonce constitue un signal politique clair : les Pays-Bas, longtemps perçus comme un pays relativement libéral en matière de politique des drogues et de réduction des risques, s’alignent progressivement sur la tendance restrictive qui gagne l’Europe. Pour les vapoteurs néerlandais et les acteurs de la filière, le compte à rebours est désormais lancé.




