Vape et cancer : passer de la cigarette à l’e-cigarette freinerait les bénéfices de l’arrêt du tabac

Vape et cancer : passer de la cigarette à l’e-cigarette freinerait les bénéfices de l’arrêt du tabac

Une étude qui bouscule l’idée de la vape comme sortie propre du tabac

Publiée le 11 juin 2026 dans New Scientist, une nouvelle recherche vient nuancer un argument souvent mis en avant par les défenseurs de la cigarette électronique : celui selon lequel passer de la cigarette combustible à la vape permettrait de profiter, à terme, des mêmes bénéfices sur le risque de cancer que l’arrêt complet du tabac. Selon les auteurs de l’étude, ce n’est pas si simple — et la transition vers la vape pourrait, dans certains cas, freiner la récupération biologique attendue.

Ce que montre l’étude

Les chercheurs ont analysé des marqueurs biologiques associés au risque de cancer chez trois groupes distincts : des fumeurs actifs, des ex-fumeurs ayant totalement arrêté, et des personnes ayant substitué la cigarette par la vape. Résultat : si les vapoteurs ex-fumeurs présentent bien un profil de risque inférieur à celui des fumeurs actifs, leur récupération biologique reste significativement en deçà de celle observée chez les ex-fumeurs n’utilisant aucun produit nicotiné ou inhalé.

En d’autres termes, le corps ne « récupère » pas de la même façon selon que l’on arrête complètement ou que l’on passe à la vape. Les mécanismes précis restent à élucider, mais les auteurs pointent notamment les effets des aérosols inhalés — y compris sans combustion — sur certains processus cellulaires impliqués dans la carcinogenèse.

Un débat scientifique loin d’être clos

Cette étude s’inscrit dans un contexte scientifique de plus en plus nuancé. En début d’année 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait déjà publié un rapport soulignant des risques sanitaires « probables et possibles » liés au vapotage à moyen et long terme, notamment cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes — y compris pour les e-liquides sans nicotine.

Par ailleurs, une étude publiée début juin 2026 et relayée par plusieurs médias scientifiques avait mis en évidence des modifications de plus de 3 000 gènes chez des vapoteurs réguliers, pointant le rôle potentiel des arômes dans ces altérations de l’expression génique.

Pour autant, la communauté scientifique reste divisée. D’autres travaux, notamment issus du Royaume-Uni (Public Health England, puis UK Health Security Agency), continuent d’estimer que la vape demeure substantiellement moins nocive que la cigarette combustible pour un fumeur cherchant à arrêter, et qu’elle constitue un outil de réduction des risques pertinent dans ce cadre précis.

La question du « moins nocif » ne suffit plus

Ce que cette nouvelle étude met en lumière, c’est la limite du raisonnement purement comparatif. Dire que la vape est « moins nocive que la cigarette » ne dit rien sur ce qu’elle fait ou ne fait pas par rapport à l’abstinence totale. Or, c’est précisément cette comparaison — vape versus arrêt complet — qui manquait dans de nombreux travaux antérieurs.

Pour les professionnels de santé, le message se précise : la cigarette électronique peut être un outil de transition utile pour les fumeurs qui ne parviennent pas à arrêter autrement, mais elle ne doit pas être perçue comme une destination finale. L’objectif reste le sevrage complet de toute inhalation, nicotinée ou non.

Ce que cela change pour les vapoteurs

Concrètement, cette étude ne remet pas en cause l’intérêt de la vape comme outil de réduction des risques à court terme pour les fumeurs. Elle invite en revanche à ne pas se satisfaire d’une substitution durable, et à poursuivre l’objectif d’un arrêt total. Pour les vapoteurs qui n’ont jamais fumé — en particulier les jeunes —, le message est encore plus direct : les bénéfices supposés de la vape par rapport au tabac ne les concernent pas, et les risques propres à l’inhalation d’aérosols restent réels.

Les résultats complets de l’étude sont attendus dans leur version intégrale dans les prochaines semaines, et devraient alimenter les débats réglementaires en cours, notamment en Europe où plusieurs États membres travaillent à un encadrement renforcé des produits du vapotage.

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A propos de l'auteur

Directeur général du Vapelier OLF mais également rédacteur pour Vapoteurs.net, c'est avec plaisir que je sors ma plume pour partager avec vous l'actualité de la vape.