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Grande-Bretagne : le cap des 3 millions de vapoteurs franchi pour la première fois

Grande-Bretagne : le cap des 3 millions de vapoteurs franchi pour la première fois

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Un seuil symbolique franchi

Pour la première fois, le nombre de vapoteurs en Grande-Bretagne a dépassé la barre des 3 millions, selon les données publiées mi-septembre 2026 par Action on Smoking and Health (ASH), l’une des organisations de santé publique les plus respectées du Royaume-Uni. Ce chiffre, issu d’une enquête nationale régulièrement actualisée, marque une étape significative dans l’évolution des comportements nicotiniques outre-Manche.

Cette progression intervient dans un contexte particulier : le Royaume-Uni a interdit les vapes jetables à usage unique en début d’année 2026, une mesure qui aurait pu freiner l’adoption de la cigarette électronique. Il n’en a rien été, ce qui suggère que la majorité des vapoteurs britanniques se sont tournés vers des dispositifs rechargeables.

Un outil de sevrage tabagique plébiscité

Au Royaume-Uni, la cigarette électronique bénéficie d’un cadre institutionnel favorable. Le National Health Service (NHS) la recommande officiellement comme aide au sevrage tabagique, et plusieurs programmes de santé publique ont intégré la vape dans leurs protocoles d’accompagnement des fumeurs. Cette reconnaissance officielle tranche avec l’approche plus restrictive observée dans d’autres pays européens.

Les enquêtes ASH montrent que la grande majorité des vapoteurs britanniques sont d’anciens fumeurs ou des personnes en cours de sevrage tabagique. La part des non-fumeurs qui vapotent reste marginale, ce qui conforte la thèse d’un usage principalement orienté vers la réduction des risques plutôt que vers une initiation à la nicotine.

La vape face aux nouvelles contraintes réglementaires

Cette croissance se déroule pourtant dans un environnement législatif de plus en plus exigeant. Le Tobacco and Vapes Act, adopté en mai 2026, prévoit notamment un système de licences obligatoires pour tous les commerçants souhaitant vendre des cigarettes électroniques. La mise en œuvre de ce dispositif se heurte toutefois à des difficultés budgétaires : les autorités locales, chargées de l’appliquer sur le terrain, manquent de ressources pour assurer les contrôles nécessaires.

Par ailleurs, le gouvernement britannique a annoncé des amendes pour quiconque fumerait ou vapoterait à proximité des établissements scolaires, une mesure qui vise à protéger les mineurs sans remettre en cause l’accès des adultes aux produits de vapotage.

Un marché qui se structure, malgré le marché gris

La croissance du nombre de vapoteurs coexiste avec un problème persistant : la présence de produits non conformes sur le marché britannique. Des opérations de police menées dans le nord-ouest de l’Angleterre ont conduit à la fermeture de plus de trente commerces liés à la vente de vapes illégales ou de tabac de contrebande au cours de l’année écoulée.

Ce double mouvement — hausse des vapoteurs légaux d’un côté, persistance d’un marché gris de l’autre — illustre la complexité de la régulation d’un secteur en pleine expansion. Les autorités britanniques semblent néanmoins déterminées à maintenir un cadre qui favorise l’accès des adultes à des produits contrôlés, tout en renforçant la lutte contre les circuits illicites.

Un modèle observé en Europe

Le cas britannique est scruté avec attention par les décideurs européens. Alors que la Commission européenne pousse vers une harmonisation fiscale incluant pour la première fois des minima d’accises sur les vapes, et que plusieurs États membres durcissent leur réglementation sur les arômes, le Royaume-Uni fait figure d’exception : une politique de réduction des risques assumée, adossée à des données épidémiologiques solides. Le franchissement du seuil des 3 millions de vapoteurs viendra sans doute alimenter ce débat continental.

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A propos de l'auteur

Rédactrice et correspondante Suisse. Vapoteuse depuis de nombreuses années, je m'occupe principalement de l'actualité suisse.