Des vapes transformées en vecteurs de drogues
La police métropolitaine de Londres a lancé une alerte publique en septembre 2026 concernant une pratique préoccupante : le « vape spiking ». Le principe consiste à utiliser une cigarette électronique pour administrer, à l’insu d’une victime, une substance psychoactive ou stupéfiante. Selon les autorités britanniques, le nombre d’incidents signalés est en hausse, et la nature discrète des vapes — appareils banalisés dans les espaces publics et les lieux festifs — en fait un vecteur particulièrement difficile à détecter.
Le phénomène s’inscrit dans un contexte plus large de « spiking » (empoisonnement à l’insu), qui touche depuis plusieurs années les boissons dans les bars et les clubs. L’extension de cette pratique aux cigarettes électroniques représente une évolution inquiétante, selon les forces de l’ordre.
Comment le vape spiking fonctionne-t-il ?
Dans les cas recensés, les substances seraient introduites dans le liquide de la vape ou dans un appareil proposé à une victime sous prétexte d’un partage anodin. Les effets rapportés incluent des vertiges, des pertes de conscience ou des états de confusion, similaires à ceux observés lors d’un empoisonnement classique à la boisson. La police londonienne invite toute personne ayant ressenti des symptômes inexpliqués après avoir utilisé une vape qui ne lui appartenait pas à contacter les autorités.
Les enquêteurs soulignent la difficulté d’identifier les substances en cause : un e-liquide modifié ne se distingue pas visuellement d’un liquide ordinaire, et l’odeur caractéristique de la vapeur peut masquer la présence d’un produit étranger.
Un défi pour la santé publique et la réglementation
Cet usage détourné de la vape pose des questions inédites aux autorités sanitaires et réglementaires. Si la cigarette électronique est encadrée en tant que produit de consommation — avec des règles strictes sur la composition des e-liquides, les taux de nicotine autorisés et l’étiquetage —, rien dans le cadre légal actuel ne prévoit spécifiquement le risque de modification frauduleuse d’un appareil par un tiers.
Au Royaume-Uni, le Tobacco and Vapes Act, dont plusieurs dispositions sont entrées en vigueur en 2026, vise principalement à contrôler la vente aux mineurs, à encadrer les arômes et à lutter contre le marché illicite. La question du vape spiking relève davantage du droit pénal — empoisonnement, administration de substance nuisible — que de la réglementation des produits du tabac et du vapotage.
Vigilance recommandée dans les espaces festifs
La police métropolitaine appelle à une vigilance accrue, en particulier dans les bars, clubs et festivals. Plusieurs recommandations pratiques ont été diffusées : ne jamais accepter de tirer sur la vape d’un inconnu, ne pas laisser son propre appareil sans surveillance, et signaler immédiatement tout symptôme inhabituel aux services d’urgence ou aux agents de sécurité présents sur place.
Des associations de prévention britanniques ont relayé ces conseils, en insistant sur le fait que le vape spiking peut toucher n’importe qui, indépendamment de l’âge ou du sexe. Le phénomène reste pour l’instant documenté principalement à Londres, mais les autorités n’excluent pas qu’il soit plus répandu sur le territoire.
Un signal à surveiller en Europe
Si le vape spiking demeure un phénomène émergent, son apparition dans les statistiques de la police londonienne constitue un signal que d’autres pays européens devraient surveiller. La popularité croissante des vapes dans les espaces publics, combinée à la facilité avec laquelle un e-liquide peut être modifié, crée une vulnérabilité nouvelle que ni les fabricants ni les législateurs n’avaient anticipée. Les prochains mois diront si des mesures spécifiques — traçabilité renforcée des liquides, campagnes de sensibilisation ciblées — seront mises en place pour y répondre.




