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États-Unis : Roger Stone au service d’une firme vape accusée de cibler les mineurs

États-Unis : Roger Stone au service d’une firme vape accusée de cibler les mineurs

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Un lobbyiste sulfureux dans l’arène de la vape

Selon une enquête publiée le 20 août 2026 par *Mother Jones*, Roger Stone — conseiller politique américain plusieurs fois condamné et gracié, figure emblématique de la droite radicale américaine — a été engagé comme lobbyiste par une entreprise du secteur de la vape actuellement accusée d’avoir commercialisé illégalement ses produits auprès de mineurs. Cette révélation jette une lumière crue sur les stratégies d’influence déployées par certains acteurs de l’industrie du vapotage pour contrer les poursuites réglementaires et judiciaires qui se multiplient aux États-Unis.

Une firme dans le collimateur des autorités

L’entreprise en question, dont le nom est cité dans l’enquête, fait face à des accusations portant sur des pratiques marketing délibérément orientées vers un public jeune : arômes attractifs, emballages colorés, présence sur des plateformes fréquentées par des adolescents. Ces pratiques sont au cœur d’une vague de poursuites engagées par plusieurs procureurs généraux d’États américains, qui ont fait de la protection des mineurs contre la vape l’une de leurs priorités depuis 2024.

La FDA, dont la stratégie réglementaire est elle-même sous pression depuis plusieurs mois, n’a pas encore autorisé la commercialisation de nombreux produits de ce type sur le marché américain. Selon des données récentes, environ 70 % des ventes de vapes aux États-Unis portent sur des produits qui n’ont jamais reçu l’aval de l’agence fédérale — un vide réglementaire que l’industrie a largement exploité.

Le lobbying comme bouclier juridique

L’intervention de Roger Stone s’inscrit dans une logique bien rodée : mobiliser des réseaux politiques influents pour peser sur les décisions réglementaires, ralentir les procédures judiciaires et façonner le récit public autour de l’entreprise. Stone, dont la carrière est jalonnée de controverses — il a été condamné pour obstruction à la justice et parjure avant d’être gracié par Donald Trump en 2020 — dispose de connexions profondes dans les cercles conservateurs américains, où la dérégulation économique est un credo.

Cette stratégie n’est pas sans précédent dans l’industrie du tabac et de la nicotine. Big Tobacco a historiquement recouru à des cabinets de lobbying puissants pour retarder ou affaiblir les réglementations. Que des acteurs de la vape empruntent le même chemin n’est pas une surprise, mais la personnalité de Stone donne à cette affaire une résonance politique particulière.

Un signal pour les régulateurs européens

Au-delà des frontières américaines, cette affaire illustre la tension structurelle entre une industrie de la vape en pleine expansion et des cadres réglementaires encore lacunaires. En Europe, la révision de la directive sur les produits du tabac (TPD) est attendue pour fin 2026, et les discussions portent précisément sur le renforcement des contrôles sur les arômes et les pratiques marketing. Le cas américain — où l’absence de régulation stricte a permis à des pratiques douteuses de prospérer — est régulièrement cité comme repoussoir par les partisans d’une approche européenne plus musclée.

L’industrie sous pression, entre légitimité et dérives

L’affaire Roger Stone met en lumière une fracture au sein même du secteur de la vape. D’un côté, des fabricants et des associations professionnelles qui plaident pour une régulation raisonnée, fondée sur la science, qui préserve l’accès des adultes fumeurs à des alternatives moins nocives. De l’autre, des acteurs qui semblent avoir misé sur une croissance rapide en ciblant — délibérément ou par négligence — un public mineur, au risque de discréditer l’ensemble de la filière.

Pour les défenseurs de la réduction des risques, chaque affaire de ce type est un revers : elle alimente la méfiance des régulateurs et rend plus difficile la défense d’une approche nuancée sur la vape.

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A propos de l'auteur

Directeur général du Vapelier OLF mais également rédacteur pour Vapoteurs.net, c'est avec plaisir que je sors ma plume pour partager avec vous l'actualité de la vape.