Une étude publiée dans Tobacco Control le 20 octobre 2026
Une nouvelle recherche menée par l’Université de Californie à San Diego et publiée le 20 octobre 2026 dans la revue scientifique Tobacco Control apporte un éclairage inédit sur la relation entre la concentration en nicotine des e-cigarettes et le niveau de dépendance chez les jeunes adultes vapoteurs. Si les études sur les adolescents ont déjà largement documenté les risques du vapotage, cette recherche se concentre sur une population distincte : les jeunes adultes, souvent moins visibles dans les débats de santé publique.
Près d’un vapoteur quotidien sur deux utilisait des produits très dosés en 2022
Selon les données collectées en 2022, 49,2 % des jeunes adultes vapoteurs quotidiens utilisaient des produits contenant au moins 4 % de nicotine — soit 40 mg/ml, un seuil considéré comme élevé. Cette proportion est significative : elle signifie que près d’un vapoteur quotidien sur deux dans cette tranche d’âge s’exposait à des concentrations nicotiniques particulièrement fortes.
Les chercheurs ont ensuite suivi ces participants sur une période de quatre ans, permettant d’observer l’évolution de leur comportement et de leur dépendance dans le temps. Ce suivi longitudinal constitue l’un des points forts méthodologiques de l’étude, rare dans ce domaine.
Dépendance accrue et moindre probabilité d’arrêt
Les résultats montrent une association claire entre l’usage de produits fortement dosés en nicotine et un niveau de dépendance nicotinique plus élevé. Plus important encore, les vapoteurs utilisant des concentrations élevées présentaient une probabilité significativement plus faible d’avoir arrêté de vapoter quatre ans après le début de l’étude, par rapport à ceux utilisant des produits moins dosés.
Les auteurs prennent soin de préciser que leur étude établit une association observationnelle et non un lien de causalité directe. D’autres facteurs — profil psychologique, contexte social, habitudes préexistantes — pourraient expliquer en partie ces résultats. Néanmoins, la robustesse du suivi longitudinal et la taille de l’échantillon confèrent à ces conclusions un poids scientifique notable.
Un enjeu réglementaire direct sur les taux de nicotine
Cette étude intervient dans un contexte où la question des concentrations maximales autorisées en nicotine fait l’objet de débats réglementaires intenses, notamment aux États-Unis. La FDA examine depuis plusieurs années la possibilité d’imposer des plafonds sur les taux de nicotine dans les produits de vapotage. En Europe, la directive sur les produits du tabac (TPD) limite déjà les e-liquides à 20 mg/ml (2 %), soit deux fois moins que le seuil étudié ici.
Les résultats de cette recherche pourraient alimenter les discussions sur un éventuel abaissement des seuils autorisés aux États-Unis, où des produits à 40, 50 voire 60 mg/ml sont commercialisés sans restriction de concentration.
Une population jeune adulte trop souvent oubliée
L’un des apports majeurs de cette étude est précisément de s’intéresser aux 18-25 ans, une tranche d’âge qui échappe souvent aux radars des politiques de prévention centrées sur les mineurs. Or, c’est souvent à cet âge que les habitudes de consommation se cristallisent et que la dépendance s’installe durablement.
Les auteurs appellent à des recherches complémentaires pour mieux comprendre les mécanismes en jeu et à des politiques ciblées sur cette population spécifique, distincte des adolescents mais tout aussi vulnérable face aux produits fortement dosés en nicotine.




