Une consultation qui redessine le visage de la vape britannique
Le 10 juillet 2026, le gouvernement britannique a lancé une consultation publique portant sur un ensemble de mesures destinées à rendre les cigarettes électroniques « moins attractives pour les mineurs ». Si ces propositions venaient à être adoptées, elles transformeraient radicalement la manière dont les produits de vapotage sont présentés, nommés et vendus au Royaume-Uni — avec des répercussions potentielles bien au-delà des frontières britanniques.
Emballages neutres : la leçon du tabac appliquée à la vape
Première mesure phare de la consultation : l’instauration d’emballages neutres pour les e-liquides et les dispositifs de vape. Sur le modèle de ce qui a été imposé aux cigarettes classiques au Royaume-Uni depuis 2016, les fabricants devraient renoncer à leurs codes couleurs distinctifs, à leurs logos travaillés et à leurs visuels accrocheurs. L’objectif affiché par les autorités sanitaires est de couper le lien entre l’esthétique du produit et son attrait supposé pour les jeunes consommateurs.
Cette approche est toutefois contestée par une partie de l’industrie, qui rappelle que l’emballage joue aussi un rôle d’information pour les vapoteurs adultes cherchant à identifier un profil aromatique ou un taux de nicotine précis.
Des noms d’arômes simplifiés pour casser l’appel des saveurs
Deuxième volet de la consultation : la simplification forcée des noms et descriptifs d’arômes. Les appellations évocatrices — « Fraise des bois givrée », « Mangue tropicale explosion » ou « Bubble gum framboise » — seraient remplacées par des dénominations génériques standardisées. Le gouvernement estime que ces noms participent à la normalisation et à la séduction des jeunes publics.
Pour les fabricants et les boutiques spécialisées, cette contrainte représente un défi commercial considérable : une part importante de la fidélisation client repose précisément sur l’identité aromatique des gammes. Des acteurs du secteur ont déjà signalé que cette mesure, si elle est adoptée, pourrait pousser certains consommateurs vers des circuits non réglementés où les produits continueraient à afficher des noms attractifs.
Vapes hors de vue : le modèle « derrière le rideau » envisagé
Troisième mesure, peut-être la plus symbolique : la possibilité d’imposer que les produits de vape soient retirés de la vue directe des clients en magasin, à l’image de ce qui est déjà pratiqué pour le tabac dans de nombreux pays. Les présentoirs ouverts, les murs de pods colorés et les vitrines lumineuses qui caractérisent aujourd’hui les vape shops pourraient être interdits ou sévèrement encadrés.
Cette mesure soulève des questions pratiques importantes pour les détaillants indépendants, dont le modèle économique repose sur la mise en valeur visuelle de leurs gammes. Elle s’inscrit dans une logique cohérente avec les nouvelles règles d’urbanisme annoncées le 10 août 2026, qui imposent désormais un permis de construire local pour toute nouvelle boutique vendant des e-cigarettes en Angleterre — une première.
Un arsenal réglementaire qui se densifie
Ces mesures s’ajoutent à un arsenal déjà conséquent : taxe de 2,20 £ par 10 ml d’e-liquide prévue pour octobre 2026, dispositif de tampons numériques et QR codes anti-contrefaçon, sanctions pouvant atteindre 10 000 £ pour les vendeurs de produits illégaux. Le Royaume-Uni construit méthodiquement un cadre réglementaire parmi les plus stricts au monde pour la vape — tout en maintenant officiellement le discours de la réduction des risques comme outil de santé publique.
La période de consultation est ouverte, et les acteurs de l’industrie, les associations de vapoteurs et les professionnels de santé sont invités à soumettre leurs observations. Les décisions finales pourraient intervenir d’ici la fin de l’année 2026, avec une entrée en vigueur progressive attendue en 2027.




