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UE : taxes sur le tabac en hausse de 139 % et première taxe sur les vapes en discussion, un paquet explosif

UE : taxes sur le tabac en hausse de 139 % et première taxe sur les vapes en discussion, un paquet explosif

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Un paquet fiscal sans précédent sur la table à Bruxelles

L’Union européenne s’apprête à franchir un cap historique dans sa politique de lutte contre le tabagisme. Selon des informations rapportées par Reuters en août 2026, les discussions en cours à Bruxelles portent sur une révision majeure de la directive sur les droits d’accise applicables aux produits du tabac — une refonte qui pourrait se traduire par une hausse des taxes allant jusqu’à 139 % sur les cigarettes classiques. Mais c’est l’autre volet du projet qui retient particulièrement l’attention du secteur de la vape : pour la première fois, une taxe spécifique sur les e-cigarettes et les produits à base de nicotine serait introduite au niveau européen.

Pourquoi maintenant ?

La Commission européenne justifie cette offensive fiscale par plusieurs impératifs convergents. D’abord, la lutte contre le tabagisme, qui reste la première cause de mortalité évitable dans l’UE avec près de 700 000 décès par an. Ensuite, la nécessité d’harmoniser des régimes fiscaux très disparates entre États membres — certains pays taxent déjà les e-liquides, d’autres pas du tout — ce qui crée des distorsions de marché et favorise les achats transfrontaliers. Enfin, la montée en puissance des produits de vapotage, notamment chez les jeunes, a convaincu plusieurs capitales qu’il était temps d’aligner leur traitement fiscal sur celui du tabac combustible.

En France, la taxe sur les e-liquides était déjà dans le viseur du budget 2026, et le débat sur une éventuelle interdiction du vapotage en terrasse a resurgi mi-septembre. L’Espagne, de son côté, envisage d’aligner les vapes sur les cigarettes dans les espaces publics. Le projet européen s’inscrit donc dans une tendance de fond continentale.

Le point de blocage : comment taxer sans nuire à la réduction des risques ?

Le dossier est loin d’être simple. Un désaccord profond divise les États membres sur la question centrale : faut-il taxer les e-cigarettes au même niveau que le tabac, ou à un taux réduit pour préserver leur rôle d’outil de sevrage tabagique ?

D’un côté, des pays comme la France et certains États nordiques militent pour une taxation élevée, au nom de la cohérence et de la prévention. De l’autre, des États membres — dont certains ont déjà des industries vape significatives — plaident pour un taux différencié, arguant qu’une fiscalité trop lourde pousserait les vapoteurs à revenir à la cigarette classique, bien plus nocive. Ce désaccord est suffisamment profond pour, selon Reuters, bloquer l’ensemble du paquet réglementaire si aucun compromis n’est trouvé.

Les conséquences concrètes pour les vapoteurs et l’industrie

Si le texte aboutit dans sa forme la plus ambitieuse, les répercussions seraient considérables. Une hausse de 139 % des taxes sur le tabac combustible rendrait la cigarette classique nettement plus chère dans tous les États membres, ce qui pourrait accélérer les conversions vers la vape — mais une taxe simultanée sur les e-liquides viendrait partiellement neutraliser cet effet incitatif.

Pour l’industrie du vapotage, l’enjeu est double : d’abord, la compétitivité des produits légaux face au marché gris, qui prospère précisément là où la fiscalité est la plus lourde (l’exemple britannique, avec la taxe de 2,20 £ par 10 ml entrée en vigueur le 1er octobre, est scruté de près). Ensuite, la survie des petits acteurs — fabricants d’e-liquides artisanaux, vape shops indépendants — qui disposent de marges bien plus étroites que les multinationales du tabac pour absorber un choc fiscal.

Un calendrier incertain, une décision qui ne peut pas attendre

Les négociations se poursuivent à Bruxelles, avec un horizon encore flou. L’automne 2026 s’annonce décisif : la France remet la taxe vape sur la table dans le cadre de son budget, et le débat européen sur la révision de la directive tabac (TPD) pourrait s’accélérer. Pour les professionnels du secteur comme pour les vapoteurs, il est urgent de suivre ces évolutions de près — et, pour ceux qui le souhaitent, de faire entendre leur voix auprès de leurs représentants nationaux et européens.

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A propos de l'auteur

Rédactrice et correspondante Suisse. Vapoteuse depuis de nombreuses années, je m'occupe principalement de l'actualité suisse.