Top banner
Maroc : la taxe sur les cigarettes électroniques doublée à 100 dirhams, les rechargeables désormais concernées

Maroc : la taxe sur les cigarettes électroniques doublée à 100 dirhams, les rechargeables désormais concernées

Com Inside Top
Com Inside Top

Une fiscalité vape qui se durcit au Maroc

Le Maroc franchit un cap significatif dans la régulation fiscale des cigarettes électroniques. Selon les informations rapportées par Le Desk, la taxe applicable aux dispositifs de vapotage sera portée à 100 dirhams, soit le double du niveau précédent. Mais la mesure ne s’arrête pas là : elle s’étend désormais aux modèles rechargeables, jusqu’ici épargnés par ce prélèvement. Une évolution qui marque un changement de philosophie réglementaire au Royaume, où la fiscalité sur la vape était restée relativement modeste comparée aux standards européens.

Pourquoi cette extension aux rechargeables est un signal fort

Jusqu’à présent, la taxe marocaine ciblait principalement les cigarettes électroniques jetables, les puffs et dispositifs à usage unique. En intégrant les modèles rechargeables dans le périmètre taxable, les autorités marocaines envoient un message clair : la vape dans son ensemble est désormais considérée comme un produit à encadrer fiscalement, au même titre que le tabac traditionnel.

Cette logique n’est pas propre au Maroc. À l’échelle internationale, de nombreux gouvernements ont emprunté ce chemin ces dernières années. Le Royaume-Uni applique depuis le 1er octobre 2026 une accise de 2,20 livres sterling par tranche de 10 ml d’e-liquide. L’Irlande a annoncé une hausse de 0,20 euro par millilitre dès janvier 2027. La Chine, de son côté, vient d’annoncer la suppression de ses remboursements de TVA à l’exportation pour les dispositifs vape à compter d’avril 2027. Le Maroc s’inscrit dans cette tendance mondiale de normalisation fiscale des produits de vapotage.

Un impact direct sur les consommateurs et les distributeurs

Pour les vapoteurs marocains, le doublement de la taxe se traduira mécaniquement par une hausse des prix à la vente. Les distributeurs et revendeurs devront répercuter ce surcoût, ce qui pourrait pousser une partie des consommateurs vers des circuits informels ou des achats transfrontaliers — un effet non désiré que d’autres pays ont déjà observé lorsque la fiscalité monte trop vite.

Les boutiques spécialisées, qui avaient jusqu’ici bénéficié d’un cadre fiscal relativement souple pour les rechargeables, devront adapter leur modèle économique. La mesure touche en particulier les kits d’entrée de gamme et les pod systems, très populaires auprès des fumeurs en cours de sevrage tabagique.

La vape entre outil de santé publique et source de recettes fiscales

Le débat sous-jacent est celui que connaissent tous les pays qui ont légiféré sur la vape : comment taxer un produit qui, selon de nombreuses autorités sanitaires, présente un profil de risque nettement inférieur à la cigarette classique, tout en évitant de le rendre financièrement inaccessible pour les fumeurs qui cherchent à décrocher ?

En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a confirmé dans son rapport 2026 que la cigarette électronique constitue un outil de réduction du risque tabagique, tout en pointant des risques « non négligeables » liés à certaines substances. Au Royaume-Uni, Public Health England a longtemps défendu la vape comme un levier de sevrage. Ces positions nuancées plaident pour une fiscalité calibrée, qui ne décourage pas les fumeurs de basculer vers des alternatives moins nocives.

Vers un cadre réglementaire marocain plus structuré ?

Cette hausse de taxe pourrait n’être qu’une première étape. Dans plusieurs pays, la fiscalité a précédé ou accompagné d’autres mesures réglementaires : obligations d’étiquetage, restrictions sur les arômes, encadrement de la vente aux mineurs. Le Maroc, qui dispose d’un marché de la vape en croissance, pourrait à terme se doter d’un cadre législatif plus complet.

Pour l’heure, la mesure fiscale annoncée constitue le signal le plus fort envoyé par les autorités marocaines au secteur de la cigarette électronique. Vapoteurs et professionnels du secteur devront intégrer cette nouvelle donne dans leurs calculs — et surveiller de près les prochaines étapes réglementaires.

Com Inside Bottom
Com Inside Bottom
Précédent : FDA et vape : un élu américain exige des comptes sur les 132 000 dossiers bloqués

A propos de l'auteur

Directeur général du Vapelier OLF mais également rédacteur pour Vapoteurs.net, c'est avec plaisir que je sors ma plume pour partager avec vous l'actualité de la vape.