Top banner
Irlande : l’Italie et la Grèce montent au créneau contre la loi vape de Dublin

Irlande : l’Italie et la Grèce montent au créneau contre la loi vape de Dublin

Com Inside Top
Com Inside Top

Une loi irlandaise qui divise l’Europe

L’Irlande s’était positionnée comme l’un des États membres les plus volontaristes de l’Union européenne en matière de réglementation de la cigarette électronique. Son projet de loi sur la vape et la nicotine, parmi les plus restrictifs du continent, visait notamment à encadrer strictement les arômes, les points de vente et la publicité. Mais fin juillet 2026, une information inattendue a émergé : l’Italie et la Grèce ont formellement contesté ce texte, signalant une fracture rare et significative au sein même de l’Union européenne sur la question du vapotage.

Pourquoi Rome et Athènes s’y opposent

Les motivations des deux pays méditerranéens sont à la fois économiques et réglementaires. L’Italie, dont l’industrie du tabac et de la nicotine représente un poids considérable, craint qu’une législation irlandaise trop restrictive ne crée un précédent susceptible d’influencer les futures révisions de la directive tabac européenne (TPD). La Grèce, de son côté, s’inquiète des implications pour son marché intérieur et pour les opérateurs économiques qui commercialisent des produits de vapotage sur son territoire.

Les deux États auraient invoqué des arguments liés à la libre circulation des marchandises au sein du marché unique, estimant que certaines dispositions du texte irlandais pourraient constituer des entraves injustifiées au commerce intra-européen. Cette procédure, qui peut passer par une notification formelle auprès des instances européennes compétentes, est rare dans le domaine de la réglementation des produits du tabac et de la nicotine.

Un signal fort pour Bruxelles

Cet épisode intervient dans un contexte particulièrement sensible : la Commission européenne a publié en avril 2026 son rapport d’évaluation de la directive tabac (TPD), document qui servira de base aux discussions sur la future réglementation de la vape à l’échelle communautaire. La contestation italo-grecque envoie un message clair à Bruxelles : toute tentative d’harmonisation vers le haut — c’est-à-dire vers des restrictions plus sévères — se heurtera à des résistances politiques et économiques de la part d’États membres aux intérêts divergents.

Pour les défenseurs de la réduction des risques, cette opposition est une opportunité. Ils arguent depuis longtemps que traiter la vape exactement comme le tabac combustible — comme le préconise notamment l’OMS Europe — revient à ignorer les données scientifiques sur la différence de dangerosité entre les deux produits. L’Italie et la Grèce, sans nécessairement porter ce discours de santé publique, créent de fait un espace de débat au niveau européen.

L’Irlande, pionnière sous pression

L’Irlande avait déjà été pionnière en Europe avec l’emballage neutre pour les cigarettes. Elle entendait rééditer cette avance législative avec la vape. Mais la contestation de deux partenaires européens complique la trajectoire du texte et pourrait ralentir son adoption définitive, voire contraindre Dublin à revoir certaines dispositions pour les mettre en conformité avec le droit européen.

La situation illustre une tension de fond qui traverse l’ensemble du continent : d’un côté, des États qui veulent aller vite et fort sur la restriction de la vape ; de l’autre, des pays qui défendent une approche plus graduée, attentive aux réalités économiques et aux principes du marché unique. Le bras de fer irlandais pourrait bien préfigurer les débats qui s’annoncent lors de la révision de la TPD, attendue dans les prochaines années.

Ce que cela change pour la filière

Pour les professionnels du vapotage en Europe, cette contestation est un signal encourageant à court terme : elle montre que la réglementation de la vape n’est pas un chemin à sens unique vers la restriction maximale. Elle rappelle aussi que le cadre européen, avec ses mécanismes de notification et de contrôle de la subsidiarité, offre des leviers pour contester des législations nationales jugées disproportionnées. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si Dublin maintient son texte en l’état ou accepte des amendements sous la pression de ses partenaires.

Com Inside Bottom
Com Inside Bottom
Précédent : Spice et vape : pourquoi de plus en plus d’enfants inhalent la « drogue de prison »
Suivant : États-Unis : des groupes de santé publique attaquent la FDA en justice sur les vapes aromatisées

A propos de l'auteur

Rédactrice et correspondante Suisse. Vapoteuse depuis de nombreuses années, je m'occupe principalement de l'actualité suisse.