Le Royal College of Pharmacy entre dans le débat réglementaire
Au Royaume-Uni, un nouvel acteur institutionnel de poids vient de prendre position dans le débat sur la réglementation des produits de vapotage : le Royal College of Pharmacy (RCPharm). L’organisation, qui représente les pharmaciens britanniques, a publié une déclaration formelle soutenant un durcissement des règles encadrant les emballages, le branding et le design des cigarettes électroniques et autres produits nicotinés.
Cette prise de position intervient dans un contexte réglementaire particulièrement actif au Royaume-Uni, où plusieurs consultations et textes législatifs ont été lancés ces derniers mois sur l’encadrement de la vape.
Protéger les jeunes sans fermer la porte au sevrage
La position du RCPharm se distingue par sa nuance. Les pharmaciens ne réclament pas une interdiction ou une restriction générale de la vape, mais un rééquilibrage : rendre les produits moins attractifs visuellement pour les enfants et les adolescents, tout en préservant l’accès des adultes qui utilisent la cigarette électronique comme outil d’aide à l’arrêt du tabac.
Cet angle est crucial. Les pharmaciens sont en première ligne dans la délivrance des substituts nicotiniques et, de plus en plus, dans le conseil sur la vape comme méthode de sevrage. Leur position reflète une réalité de terrain : la cigarette électronique est un outil de santé publique reconnu pour les fumeurs adultes, mais ses codes marketing — couleurs vives, arômes aux noms enfantins, designs inspirés de l’univers des bonbons — posent un problème réel d’attractivité auprès des mineurs.
Un appel à des règles sur l’emballage, le branding et le design
Concrètement, le Royal College of Pharmacy soutient des mesures portant sur trois axes :
- L’emballage : des conditionnements moins colorés et moins ludiques, s’inspirant potentiellement du modèle du paquet neutre appliqué au tabac, sans nécessairement aller aussi loin.
- Le branding : une limitation des noms et visuels susceptibles d’attirer un public jeune, notamment les références à des univers enfantins ou à des produits alimentaires destinés aux mineurs.
- Le design des appareils : une réflexion sur les formes et les couleurs des dispositifs eux-mêmes, qui peuvent ressembler à des stylos, des clés USB ou des jouets.
Un acteur distinct du RCP médecins, une voix complémentaire
Il est important de ne pas confondre le Royal College of Pharmacy avec le Royal College of Physicians (RCP), qui avait récemment réclamé des règles strictes contre le marketing vape sur les réseaux sociaux. Ces deux institutions, bien que partageant une préoccupation commune pour la santé publique, représentent des corps professionnels différents et apportent des perspectives complémentaires au débat.
La voix des pharmaciens est particulièrement pertinente ici : ce sont eux qui conseillent quotidiennement les fumeurs souhaitant arrêter, et qui observent directement les effets des politiques de sevrage tabagique sur le terrain.
Un contexte réglementaire britannique en pleine effervescence
Cette prise de position s’inscrit dans un mouvement plus large. Le gouvernement britannique a lancé une consultation sur des mesures drastiques — emballages neutres, noms d’arômes simplifiés, vapes hors de vue en boutique — et le Tobacco and Vapes Act adopté en mai 2026 a déjà introduit de nouvelles contraintes, dont l’interdiction de vente aux mineurs à compter du 29 octobre 2026.
La position du Royal College of Pharmacy vient renforcer le camp de ceux qui plaident pour une réglementation ciblée et proportionnée, plutôt que pour une interdiction générale qui priverait les fumeurs adultes d’un outil de réduction des risques reconnu par la science. Un équilibre difficile à trouver, mais que les pharmaciens britanniques semblent déterminés à défendre.




