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Royaume-Uni : pour la première fois, les vapoteurs sont plus nombreux que les fumeurs

Royaume-Uni : pour la première fois, les vapoteurs sont plus nombreux que les fumeurs

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Un basculement historique dans les habitudes britanniques

C’est un chiffre qui marque un tournant : au Royaume-Uni, le nombre d’adultes vapoteurs a officiellement dépassé celui des fumeurs pour la première fois. Selon les données reprises par Tobacco Reporter et issues des statistiques nationales britanniques portant sur l’année 2025, 5,4 millions d’adultes — soit 9,9 % des personnes âgées de 16 ans et plus — déclaraient vapoter quotidiennement ou occasionnellement. En face, le tabagisme traditionnel concernait 4,8 millions de personnes. Une autre série statistique, portant sur l’ensemble des adultes, établit le taux de tabagisme à 9,8 %.

Ce croisement de courbes, attendu depuis plusieurs années par les observateurs du secteur, s’inscrit dans une tendance de fond : la cigarette électronique a progressivement conquis des millions de Britanniques, en grande partie d’anciens fumeurs cherchant une alternative moins nocive.

Une décennie de transformation

Le chemin parcouru est considérable. Il y a dix ans, le vapotage était encore perçu comme un phénomène marginal au Royaume-Uni. Depuis, les politiques publiques favorables à la réduction des risques tabagiques, portées notamment par Public Health England puis par l’UK Health Security Agency, ont contribué à légitimer l’usage de la cigarette électronique comme outil de sevrage.

Le taux de tabagisme, lui, a continué de reculer : il s’établissait à 9,8 % en 2025, contre 10,6 % en 2024, poursuivant une trajectoire baissière amorcée depuis des décennies. Cette convergence — hausse du vapotage, baisse du tabagisme — est précisément ce que les partisans de la réduction des risques espéraient observer.

La question des vapoteurs jamais-fumeurs

Ce basculement statistique ne va pas sans soulever des interrogations. Des données récentes avaient déjà mis en lumière qu’un million de vapoteurs britanniques n’avaient jamais touché à une cigarette, une proportion qui a doublé en quatre ans. Ce phénomène alimente le débat sur l’initiation au vapotage chez des personnes qui n’auraient peut-être jamais fumé.

Les autorités sanitaires britanniques maintiennent une position nuancée : la vape reste considérée comme significativement moins nocive que le tabac combustible, mais son usage par des non-fumeurs — en particulier les jeunes — est jugé indésirable. Le Tobacco and Vapes Act, dont les premières mesures entrent en vigueur le 29 octobre 2026, vise précisément à renforcer les barrières à l’accès pour les mineurs.

Un modèle qui fait débat en Europe

Le cas britannique est scruté de près sur le continent. Là où certains pays européens durcissent leur approche réglementaire vis-à-vis de la vape, le Royaume-Uni a fait le pari d’une politique de réduction des risques assumée. Les résultats de 2025 semblent lui donner raison sur le plan de la substitution tabagique.

Pour autant, ce basculement statistique ne clôt pas le débat. Les questions de dépendance à la nicotine, d’effets à long terme encore mal documentés, et d’attractivité des produits pour les jeunes générations continueront d’alimenter les discussions réglementaires dans les mois à venir — au Royaume-Uni comme ailleurs.

Ce que disent les chiffres bruts

Pour résumer les données clés de 2025 :

  • Vapoteurs adultes (16 ans et +) : 5,4 millions, soit 9,9 %
  • Fumeurs adultes : 4,8 millions
  • Taux de tabagisme des adultes : 10,6 % en 2024, 9,8 % en 2025 (−0,8 point)

Ces chiffres, issus des statistiques nationales britanniques et relayés par Tobacco Reporter, constituent un signal fort pour les décideurs de santé publique à l’échelle internationale. Ils illustrent qu’une politique de réduction des risques cohérente peut produire des résultats mesurables — tout en rappelant que la vigilance reste de mise face à l’émergence d’une population de vapoteurs sans passé tabagique.

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A propos de l'auteur

Rédactrice et correspondante Suisse. Vapoteuse depuis de nombreuses années, je m'occupe principalement de l'actualité suisse.