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Arômes de vape : douze pays européens réclament une interdiction à Bruxelles

Arômes de vape : douze pays européens réclament une interdiction à Bruxelles

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Une lettre commune qui change la donne

Douze États membres de l’Union européenne — la France, les Pays-Bas, la Belgique, l’Estonie, la Finlande, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, la Slovénie et l’Espagne — ont adressé une lettre commune à la Commission européenne pour réclamer une interdiction des arômes dans les produits de vapotage à l’échelle du marché unique. C’est la première fois qu’une coalition aussi large et aussi diverse se forme autour de ce sujet précis, signalant une convergence politique qui dépasse les clivages habituels entre États membres.

La démarche intervient dans un contexte de durcissement général du cadre réglementaire européen sur la vape. Plusieurs de ces pays ont déjà adopté ou annoncé des restrictions nationales sur les arômes ou les produits jetables, mais une action coordonnée au niveau communautaire aurait une portée autrement plus significative pour l’ensemble de la filière.

Pourquoi les arômes sont dans le viseur

Les autorités sanitaires de ces douze pays partagent une préoccupation centrale : les arômes fruités, sucrés ou gourmands sont perçus comme un vecteur d’attraction vers la vape pour les mineurs. Des études récentes, dont le rapport de l’Anses publié début 2026, ont mis en évidence que les profils aromatiques jouent un rôle déterminant dans l’initiation au vapotage chez les adolescents. L’argument est désormais bien rodé dans les cercles de santé publique européens : supprimer les arômes, c’est retirer l’un des principaux leviers de recrutement de nouveaux utilisateurs jeunes.

Cette logique est contestée par une partie de la communauté des vapoteurs adultes et par les professionnels de la réduction des risques, qui soulignent que les arômes constituent précisément l’un des facteurs qui permettent aux fumeurs adultes de se détourner de la cigarette combustible. Interdire les arômes risquerait, selon eux, de rendre la vape moins attractive que le tabac pour les fumeurs cherchant à arrêter, et de pousser une partie des utilisateurs vers le marché noir.

Un précédent qui s’accélère

L’initiative s’inscrit dans un mouvement plus large. Les Pays-Bas ont été parmi les premiers à interdire les arômes de vape sur leur territoire, une mesure qui a fait l’objet de recours judiciaires mais qui a tenu. La Finlande et l’Estonie ont suivi des trajectoires similaires. En France, le débat sur la taxation et l’encadrement des arômes a agité le Parlement ces derniers mois, même si le Sénat a récemment rejeté la taxe sur la vape.

Une harmonisation européenne sur les arômes, si elle aboutissait, représenterait un bouleversement structurel pour les fabricants et distributeurs opérant sur le marché communautaire. Elle forcerait une refonte complète des gammes de produits, en particulier pour les marques dont l’offre repose quasi intégralement sur des profils fruités ou gourmands.

La Commission européenne en position d’arbitre

La balle est désormais dans le camp de la Commission européenne, qui doit décider si elle intègre cette demande dans la révision en cours de la directive sur les produits du tabac (TPD). Une révision de la TPD est attendue dans les prochaines années, et la question des arômes de vape figure déjà parmi les points les plus sensibles des négociations préliminaires.

Le poids politique de douze États membres — représentant une part significative de la population et du PIB de l’UE — rend difficile pour la Commission d’ignorer cette demande. Mais une interdiction totale des arômes se heurterait à des oppositions tout aussi déterminées, notamment de la part des États membres plus libéraux sur la question de la réduction des risques tabagiques, comme la République tchèque ou la Suède.

Ce que cela signifie pour la filière

Pour les acteurs de la vape en Europe, ce signal politique est à prendre au sérieux. Même si une interdiction communautaire des arômes n’est pas imminente, la dynamique est clairement orientée vers un durcissement. Les entreprises qui n’anticipent pas cette évolution dans leur stratégie produit et réglementaire prennent un risque commercial considérable. La fenêtre pour peser sur le débat — via les associations professionnelles et les consultations publiques de la Commission — est ouverte, mais elle ne le restera pas indéfiniment.

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A propos de l'auteur

Rédacteur en chef de Vapoteurs.net, le site de référence sur l'actualité de la vape. Engagé dans le monde de la vape depuis 2014, je travaille chaque jour pour que tous les vapoteurs et les fumeurs soient informés.